Question/Réponse

La théorie de l'évolution ne prouve-t-elle pas que la Bible est en contradiction avec la science ?

L'évolution n'est un problème pour le chrétien que si l'on en tire des conclusions athées. La question importante est la suivante : Quelles conséquences tirez-vous de votre position évolutionniste ? Que l'univers est arrivé par hasard ? Ou bien pensez-vous que Dieu a créé l’univers en utilisant un processus évolutif ?

     Si vous pensez que l’univers s’est réalisé par hasard, si vous placez l'origine au niveau de l’impersonnel, alors vous n'avez que l’impersonnel, plus le temps et le hasard pour expliquer l’ordre complexe de l'univers et le fait que l’homme soit un être personnel. On comprendrait difficilement comment la personnalité, l’affectivité, l’ordre et la complexité pourraient avoir une origine impersonnelle.

     Le monde ne « marche » pas par hasard. Si le hasard a fait que les plantes nous donnent l’oxygène que nous rejetons, si le hasard a fait que le soleil nous chauffe juste assez pour que notre monde soit vivable, si le hasard nous a donné la pluie, les saisons, si le hasard a créé le corps humain avec tout son appareil enzymatique, hormonal, sa perfection jusqu'au sein de l'unité cellulaire et l'a pourvu aussi d'amour et d'intelligence, si le hasard est à l'origine de toute cette complexité, alors ce hasard-là ressemble de bien près à Dieu !

     La théorie générale de l'évolution (« macro-évolution ») est basée sur les deux idées de mutation et de sélection naturelle. Or, il est important de constater que les mutations paraissent rarement profitables : la plupart des mutants sont affaiblis ou défectueux. Par exemple, dans l'espèce humaine, la quasi-totalité des mutations et aberrations chromosomiques aboutit à des avortements spontanés, et si ce n'est pas le cas, à des êtres humains généralement défectueux et non supérieurs.

     D'autre part, la sélection naturelle ne paraît jouer qu'à l'intérieur même des espèces. Une grenouille ne peut pas par mutations, même répétées, se transformer en boeuf, mais à l'intérieur d'une certaine espèce animale, par exemple les batraciens, une certaine évolution est possible par mutations répétées et sélection naturelle.

     Le témoignage des fossiles révèle une soudaine naissance de la vie à un degré élevé de complexité et une apparition brusque des différentes espèces de plantes et d'animaux, sans formes apparentes de transitions. Pour établir la thèse d'un lent changement du simple au complexe, les fossiles devraient nous apporter une transition progressive, sans failles répétées, systématiques ; nous en sommes encore bien loin.

     Par contre, il est vrai qu’une évolution limitée, à l’intérieur des espèces, et ne changeant pas fondamentalement les caractères spécifiques de ces espèces, existe. On cite souvent l’évolution des équidés. Ceci n’est absolument pas en contradiction avec la création de Dieu : le monde entier de Dieu évolue : les rochers sont érodés par la mer, des volcans s’éteignent, d’autres entrent en éruption, etc. Il ne faut pas nier le processus évolutif. Il existe, mais il est limité, et surtout ne résoud pas la question de l’origine de la vie.